FINANCE DIGITALE

Finance digitale

UN ZOOM SUR LA FINANCE DIGITALE

 L’initiative en finance digitale représente une véritable opportunité pour accélérer l’inclusion financière. Selon la Banque mondiale, les services d’argent mobile et les innovations technologiques ont permis à environ 700 millions d’adultes de sortir pour la première fois de l’exclusion financière entre 2011 et 2014.

 Par définition, la finance digitale est l’utilisation des services financiers (crédit, épargne, assurance, transfert d’argent) à l’aide des technologies numériques mobiles (téléphone mobile, tablette).

Au cours des dernières années, le développement des technologies dédiées aux services financiers, a eu un impact considérable, non seulement sur la finance traditionnelle, mais aussi dans le monde de la microfinance. De plus en plus de personnes à faible revenu ont désormais accès à internet et aux téléphones portables. En outre, pour beaucoup d’entre eux, surtout pour ceux qui habitent dans des zones rurales, la technologie mobile est devenue la première porte d’entrée vers les services financiers, mais aussi vers l’information et l’éducation.

De nombreuses recherches sont venues confirmer que les services de finance digitale constituent le moyen le plus efficace pour offrir un accès aux services bancaires rapide, bon marché et sécurisé. Face à des avancées impressionnantes en Afrique, (Kenya, Rwanda, Ouganda, etc…), l’Afrique de l’ouest est malheureusement à la traine et les pouvoirs publics  doivent agir vite.

L’exemple africain le plus connu et qui sert d’école est le M-Pesa au Kenya. En effet, Il y a au Kenya une couleur que tout le monde reconnaît, du cultivateur de thé dans la vallée du Rift au conducteur de taxi-moto à Nairobi : il s’agit du vert pomme, emblème de l’opérateur télécom Safaricom et de sa plateforme de paiement mobile M-Pesa. On le voit à tous les coins de rue, dans les restaurants, les stations-service, les supermarchés. Dix ans après son lancement, la popularité de M-Pesa, pionnier du paiement mobile en Afrique et leader incontesté au Kenya, ne se dément pas ; 70% de la population adulte du Kenya utilise M-Pesa. C’est une initiative dont les pays de l’Afrique de l’Ouest doivent s’inspirer pour mettre en place non seulement la plateforme, mais aussi développer un réseau d’agents assez performant et entourer  le produit d’un arsenal de marketing afin de convaincre les populations à consommer le produit.

Toutefois, on note quelques tentatives éparses dans certains pays d’Afrique de l’Ouest comme le Togo, le Bénin mais qui sont essentiellement limitées au transfert d’agent par les OTM. Le Sénégal et la Côte d’Ivoire sont un peu plus avancés. Il importe donc que les institutions de microfinance en Afrique de l’Ouest prennent la mesure de cette révolution alliant technologie et finance pour développer véritablement des initiatives digne de finance digitale.

Les nouvelles technologies pour le secteur de la microfinance ont plusieurs avantages : elles permettent de toucher plus de clients dans des zones éloignées à un moindre coût, de sécuriser les transactions et d’améliorer leur transparence. Elles favorisent ainsi la double mission financière et sociale de la microfinance.

La plupart des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) du Togo sont de type coopératif ou mutualiste et leur activité principale est le crédit et l’épargne. La finance digitale garantie la mobilisation de l’épargne à un taux assez faible pour financer le crédit, au lieu de faire recourt aux banques au taux de marché.

La finance digitale fait appel à la mise en place d’une plateforme dédiée à cette ingénierie financière et l’existence d’un Système d’Information de Gestion robuste, fiable et sécurisé.

L’exploitation de la plateforme digitale est plus aisée lorsque le SIG a une base de données centralisée.

 

La finance digitale est un métier à part entière et implique un partenariat avec de nouveaux acteurs, comme par exemple la mise en place d’un réseau agents de collecte d’épargne et de crédit.

Comment  construction et gérer un réseau d’agents de collecte d’épargne et de crédit  dans un SFD ?

En effet, un agent est une personne ou une société contractée pour faciliter les transactions des clients.

Nous pouvons distinguer  deux (2)  types d’agents à savoir :

  • Les agents internes (les employés de l’institution) : ces agents mobiles sont des salariés équipés  de terminaux (smartphone, tablette, TPE) qui leur permet de faire des transactions avec la microfinance.
  • Les agents externes (les partenaires de l’institution) : ces agents ont un point fixe, une autonomie et une disponibilité financière pour effectuer les opérations de retrait. Ils sont équipés  de terminaux (smartphone, tablette, TPE) qui leur permet de faire des transactions avec la microfinance. Ils sont soumis le plus souvent  à un régime de prépayé.

 

Les agents assurent essentiellement trois (03) fonctions :

  • l’enrôlement des clients ;
  • le traitement des opérations de dépôts et retraits d’argent;
  • les rembourrements de crédits.

Les services d’argent mobile constituent une activité complexe et présentent pour le SFD une multitude de défis opérationnels et de questions stratégiques. Il est  donc  indispensable d’élaborer un cahier de charges  clair qui prend en compte le fait que les clients voudront des agents largement présents au sein du réseau, fiables, peu coûteux et approvisionnés en argent liquide.  

Le  recrutement et la gestion des agents sont les défis à franchir avant le lancement du produit.

 

Recrutement des agents

Le recrutement des agents est l’une des activités qui coûte le plus en temps et en argent dans le processus de lancement d’un nouveau service d’argent mobile.

Le processus de recrutement comporte en général trois étapes: d’abord le repérage des agents potentiels, puis l’éducation de ces agents potentiels concernant l’argent mobile, et enfin le soutien des agents potentiels souhaitant se porter candidats. Ce  recrutement d’agent peut se faire en interne ou à le sous-traiter en priviligeant des agents qui ont déjà une activité rentable ou   exercant  des activités ayant un rapport avec le mobile,  les transferts d’argents.

Les éléments sur lesquels l’accent doit être mis sont : la sécurité, la disponibilité, l’emplacement, les activités exercées, la rentabilité, la solvabilité et le niveau d’étude.

 

Mais compte tenu du coût et de la complexité de la mise en place d’un réseau d’agents, il serait plus facile d’avoir un protocole d’accord avec un Opérateur de Téléphonie Mobile (OTM) pour l’utilisation de son réseau d’agents. Les avantages de cette approche sont nombreuses car le réseau existe déjà et assure la couverture de beaucoup de zones géographiques.

 

Gestion des agents

Un réseau performant contribue à l’amélioration de la notoriété du SFD, à l’éducation des clients et à la satisfaction des besoins de liquidité de l’ensemble du système, autant d’éléments venant renforcer la confiance des clients dans. Un réseau mal géré se manifeste au contraire par des mauvaises expériences répétées au niveau des clients, se traduisant ensuite par une perte de confiante et la désaffection des clients.

 

Deux préoccupations doivent être abordées concernant la gestion des réseaux d’agents :

  • s’assurer que les agents fournissent des prestations de qualité à la clientèle, y compris des différents mécanismes permettant de garantir une liquidité suffisante des agents ;
  • les SFD doivent s’assurer que leurs réseaux d’agents sont protégés contre les fraudes et abus.

 

Pour une bonne gestion d’un réseau d’agents, il faudra :

  • investir dans la formation des agents ;
  • analyser minutieusement les systèmes de tarification et rémunération ;
  • éduquer les clients ;
  • la surveillance a posteriori des transactions.

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